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TanRün — Veillée contée et musicale

L'art de conter et de raconter des émotions, à travers le temps et l'espace.

Site réalisé par Morgan Hulot

Le duo assis sur un banc de pierre devant des colonnes : Morgan avec la vielle à roue, Axelle et l'accordéon posé à côté d'eux

Qu'est-ce qu'un TanRün ?

Certaines histoires ne survivent que si on les chante.

De tout temps, le savoir s'est transmis par la parole. L'humanité a toujours eu ce besoin : faire passer ce qu'elle sait à travers le temps et les générations.

Actes héroïques, vengeances, peines, colères — toute histoire qui trouvait grâce aux yeux des hommes était dite, et redite encore, jusqu'à ne plus pouvoir se perdre.

Partout, sous tous les ciels :

  • Les contes de nos veillées
  • Les sagas d'Islande
  • Les monogatari du Japon
  • Les aèdes de la Grèce
  • Les griots du Mandé

Nous avons eu envie de raconter les nôtres. Avec nos outils : nos instruments, nos voix, nos textes. Nous choisissons des thèmes qui nous inspirent, et nous les interprétons à notre façon.

Il fallait un nom pour cela. Nous avons choisi TanRün.

Tan, la flamme : elle alimente les contes, passe de veillée en veillée, et réchauffe l'âme.

Rün, la pierre gravée : elle inscrit l'histoire dans les mémoires, de génération en génération.

Axelle et Morgan assis sur le banc de pierre d'un cloître, l'accordéon et la vielle à roue sur les genoux, devant les arcades et le jardin taillé

Le duo

L'histoire de TanRün, c'est avant tout la rencontre de deux musiciens rêveurs autour d'une envie commune : raconter des histoires à travers la musique. Qu'il s'agisse d'un air populaire retravaillé ou d'une composition personnelle, le duo recherche l'expression d'une émotion, d'un vécu à transmettre.

Au début, rien de plus qu'une vielle à roue et une voix. Mais l'idée grandit vite, et très rapidement le bouzouki et l'accordéon s'invitent, chacun apportant sa couleur, jusqu'à ce que le petit projet devienne tout un univers.

C'est de là que naît le TanRün, un nom pour décrire un format unique. Ni vraiment un conte, ni vraiment une chanson, mais les deux mélangés.

Mais pas seulement : le TanRün, c'est aussi la complicité et l'amitié entre Axelle et Morgan, qui habitent leur interprétation. C'est leur manière de vous la faire vivre, à travers un temps partagé.

Portrait de Axelle Corteel

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Axelle Corteel

Chant · Accordéon

Cette histoire commence avec une petite fille et un accordéon.

La petite fille, elle, voulait tout faire. Chanter, jouer, raconter des histoires, monter sur scène… Elle aurait bien aimé ouvrir toutes les portes à la fois, si cela avait été possible. Alors, tous les dimanches après-midi, avec pour tout public son miroir, elle chantait et dansait, transformant le salon familial en petit théâtre.

Les années passèrent, et les chemins commencèrent à se multiplier.

Il y eut les livres, les poèmes, les longues rêveries, puis la musique rock et le métal. Il y eut même quelques chroniques musicales, le temps de mettre des mots sur toutes ces musiques qui lui faisaient battre le cœur.

Et puis vint le chant. La scène. Le plaisir de raconter une histoire à plusieurs voix, de la partager avec ceux qui l'écoutent et ceux qui la font naître.

Alors Axelle continua sa route, passant d'un univers musical à l'autre, du répertoire ancien aux musiques traditionnelles. Elle changeait parfois de paysage sans vraiment quitter les précédents. Ici, on la voyait comme une chanteuse lyrique ; là, comme une rockeuse. Elle, pendant ce temps, se demandait surtout pourquoi il aurait fallu choisir.

En chemin, elle rencontra des personnes, des musiques et des histoires. Elle apprit à écouter, à observer, à créer avec les autres. Elle se mit à collectionner les mondes plutôt qu'à les choisir, à chercher ce qui les rapproche plutôt que ce qui les sépare. Et sans vraiment s'en rendre compte, elle se mit à faire ce qu'elle avait toujours aimé : relier les choses.

C'est alors qu'elle rencontra Morgan.

Chacun avait son histoire, ses propres instruments et chemins de traverse. Mais tous deux étaient animés par la même envie : celle de créer un monde où les contes, les légendes et la musique pouvaient enfin se retrouver. Tissés de leurs deux imaginaires, les Tanrüns étaient nés.

Peut-être qu'au fond, Axelle est restée cette petite fille devant son miroir. Celle qui voulait tout faire, qui refusait de choisir et qui avait déjà compris, sans le savoir, qu'il existe parfois de plus beaux chemins que ceux qui consistent à ne choisir qu'un seul monde : ce sont ceux qui permettent de tous les réunir.

Portrait de Morgan Hulot

Survolez pour lire son parcours

Morgan Hulot

Vielle à roue · Bouzouki

Cette histoire commence dans un bar. Morgan, encore jeune à l'époque, y jouait souvent de la guitare. Un soir, il y croisa un homme sombre vêtu de noir, prétendant détenir dans son sang le don d'écrire les plus grandes œuvres du monde.

Curieux, Morgan s'approcha. L'homme le fixa, lui sauta dessus et le mordit à l'épaule.

— Ce don est une malédiction ! cria-t-il en riant. À ton tour de la porter, jeune musicien ! Seule une histoire vraie et talentueuse t'en libérera !

Puis il s'enfuit, laissant Morgan sous le choc.

Pendant des années, Morgan composa chansons et contes sans jamais rencontrer le succès. Il étudia la musique, le théâtre, le cinéma et monta sur scène sans relâche. En vain. Dépité, il abandonna tout espoir et se détourna de l'art.

Il refit sa vie, épousa une femme qu'il aimait de tout son cœur et ils eurent une petite fille, curieuse et joyeuse. Tous les soirs, elle lui réclamait une histoire. Morgan finit par céder. Sans réfléchir, il lui inventa un récit. Puis un autre le lendemain, et encore le soir suivant. À chaque fois, la petite fille s'écriait : « Trop bien ! Encore ! »

Alors Morgan monta au grenier chercher tous ses vieux écrits. Il s'installa près de la cheminée et commença à les relire, tous, l'un après l'autre. Il y passa des heures. Et quand il eut fini, il les jeta tous au feu.

Habité d'une décision nouvelle, il n'allait plus écrire des œuvres ; il allait écrire ces œuvres !

Il reprit la route, troqua sa guitare contre une vielle à roue et croisa bientôt le chemin d'Axelle. Partageant la même passion, ils créèrent ensemble les TanRün pour les transmettre à qui voulait l'entendre.

Des années plus tard, Morgan recroisa l'homme en noir.

— J'ai réussi, dit-il. J'ai levé votre malédiction.

L'homme sourit :

— Oh non, mon plus si jeune ami. Tu n'as jamais été maudit. Tu as juste appris à te faire confiance.

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